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lundi 19 septembre 2016

« Oui … peut être que tout le monde en a… mais tu n’es pas tout le monde. » // comment construire une #singularité ?


C'est par mon éducation que j'ai appris que la singularité est l’antithèse de la médiocrité, de la facilité, du caprice. La singularité requière une certaine dose d’audace et une sincérité exigeante. Faire le choix de la singularité c’est aussi renoncer à se confondre dans un monde fade et tiède. C’est sur l’injonction de ma mère (trop sévère)... c’est sur l’injonction de ma maman (trop naïf)... c’est sur l’injonction de ma mam (trop intime)... c’est sur l’injonction de ma « mother » (encore un mot anglais que j’aimerais que nous puissions intégrer à notre langue), que j’ai développé ma singularité.


Si j’ai expérimenté l’indépendance pendant les années « d’expat », ces années ont aussi été celles d’un rapport au monde, aux autres, libéré du sens de classe et d’ordre social. Au Congo, au Cameroun ou en Italie dans les années 80’ et 90’, je me souviens d’un environnement un peu hors sol, aux normes très souples où chacun était un monde. J’ai vécu l’arrivée en France comme un choc de représentations, de conformités, de règles non explicites et de contraintes. Qu'il est désagréable d'avoir l'impression d'être laissée de côté… Et, quand lasse de chercher ma place, je réclamais à grands cris et bouderies … un jean à la mode… une autorisation… un gadget…, et que je jetais un « mais tout le monde en a !!! » … tu me répondais en me regardant droit dans les yeux, avec une pointe de défi et de fierté « … mais tu n’es pas tout le monde... »
 

« Tu n’es pas tout le monde… », une injonction attentionnée à la singularité, pour résoudre la brutalité des rapports aux mondes, faite par une femme à l’élégance souple et intrépide. Ravaler mes larmes, mon ennui et mes colères pour m’exercer à être au monde à ma façon, selon mon point de vue et avec mes couleurs et humeurs, pour percevoir dans ton regard de l'étonnement et de la reconnaissance, pour me rendre compte que le monde est bien plus riche quand il n'est pas tout le monde.

vendredi 29 avril 2016

de la #pudeur à la #mode // comment distinguer ce qui est de l'ordre de la #singularité de l'ordre de la #tendance?

"on se baignait tous nus, tous noirs, avec les petites filles et les canards". Je suis née en 1979, jusqu'à mes 11 ans, le vêtement que j'ai le plus porté était un maillot de bain. Depuis je me sens bien peau nue, en robe légère et en sandale. Je me sens mieux sans le poids de tissus, fibres, voiles, coutures, brocarts. J'ai promené mes jambes nues et bronzées à Rome, Praia, Salvador da Bahia, Marseille, Paris 16 et Paris Château Rouge... et (comme mes bras sont posés sur mon bureau, je touche du bois) il ne m'est rien arrivé de désagréable. Mais peut être est ce grâce à la confiance que j'ai en moi? Mais peut être est grâce à la maîtrise de mes gestes et postures séducteurs, qui m'évite de m'enfermer dans les "boucliers" conventionnels (se couvrir, ne pas sortir après telle heure, ne pas marcher seule dans la rue)? Mais peut être est ce parce que j'ai appris à  requérir le respect d'un seul regard, non maquillé et sans peur, aux hommes et aux femmes? Parce que je connais mon corps, parce que je me reconnais comme un être humain, digne de respect. Parce que je n'ai pas honte de mon corps de femme. Je suis nue, et je ne suis pas une dévergondée "Personne qui se livre sans mesure ni remords à une conduite licencieuse" (définition Larousse)


 
Envie de retrouver des odeurs d'enfances? Adulte, je me suis installée au cœur du quartier africain de Paris. Mon fils grandit dans la classe de Younes, Chris, Eden, Aminata ... et à la sortie de l'école ma culture naturiste cohabite avec les voiles des mamans. Chacun, Chacune fait bien comme il le veut, cela m'est égal. Ce qui m’agace, c'est qu'une des mères, n'arrête pas de dire à James qu'il a  peur d'elle à cause de son voile ! ... comme beaucoup d'enfants, il n'aime pas dire bonjour à la Madame... en tout nu ou en tout voile. Cette femme joue, se grime, se met en scène dans son voile. Parfois, elle prend l'habit voilé des jeunes femmes rock et musulmanes (voile sombre et souple, robe sur legging et perfecto noir en cuir). Parfois, elle prend l'habit des femmes riches et musulmanes (tenue complète noire avec broderies en or). Parfois, elle prend l'habit des femmes actives et musulmanes (jeans, vestes et foulard discret)... Finalement comme toute les femmes, elles s'habille en fonction de ses besoins et ses envies. Bien au delà de la pudeur : "disposition à éprouver de la gêne devant ce qui peut blesser la décence, devant l'évocation de choses très personnelles (définition Larousse)". Comme moi, les femmes voilées n'ont pas de pudeur. Si elles ne montrent pas leur jambes nues, elles se parent, s'apprêtent, se maquillent ... Chacun, Chacune fait bien comme il le veut, cela m'est égal.



Le voile n'est pas pudique, c'est un accessoire de mode : il est temps que l'on lui redonne ce statut. Mais une hypocrisie sociale, pseudo religieuse, menée par des hommes prêts à tout pour punir les femmes de leur super pouvoir : mettre au monde les enfants filles et garçons, s'immisce dans ce qui devrait rester doux comme une cotonnade, la mode.